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L’émergence de nouvelles technologies restructure les fondements de notre société et de notre économie. Certaines s’annoncent particulièrement prometteuses et s’apprêtent à révolutionner de nombreux métiers. La technologie blockchain semble être de celles-ci. Il faut s’y préparer car comme toute technologie sa mise en œuvre nécessitera d’impliquer tous les intervenants des directions métiers aux architectes informatiques.

La blockchain fait le buzz en 2016

Une foule d’articles a été publiée sur le sujet cette année alors que l’année précédente on ne l’évoquait que dans des cercles d’initiés. La technologie blockchain est complexe mais on en voit assez clairement l’intérêt. Elle permet d’échanger en toute confiance des informations entre personnes qui ne se connaissent pas et elle pourrait ainsi remplacer un grand nombre de tiers de confiance centralisés. Ce grand livre comptable (ledger en anglais) virtuel est distribué et partagé entre tous les utilisateurs en préservant leur anonymat. Les transactions « blockchain » sont stockées dans des blocs et sécurisées par des algorithmes en lieu et place d’un tiers de confiance. De telles méthodes d’authentification intéressent de nombreux secteurs comme la banque, les assurances, l’immobilier bien sûr mais elles trouvent également des applications dans la santé, l’énergie ou les transports.

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Des milliards d’économies pour les banques … et le bouleversement de certains modèles financiers

En 2025, 10% du PIB mondial pourrait être concerné par la blockchain selon un rapport publié en septembre 2015 par le World Economique Forum (WEF). Les banques sont en première ligne sur le sujet car elles anticipent 15 à 20 milliards d’économie par an d’ici 2022 à en croire le rapport de la banque Santander. Il y a déjà des cas d’usage bien identifiés comme le processus KYC (Know Your Customer) . Ce processus définit les règles en termes de connaissance du client pour garantir la conformité aux règlementations et classifier les risques. Le KYC impose aux banques d’enregistrer, de manière sécurisée et non modifiable, des informations sur leurs clients. On comprend tout de suite l’intérêt d’une authentification fiable, rapide et économique dans ce contexte avec une solution de blockchain privative. Le gouvernement français est lui aussi intéressé par cette technologie et a annoncé une adaptation de la réglementation financière pour expérimenter des blockchains dédiées au marché des bons de caisse. Le transfert de devises constitue un autre cas d’usage dont des startups se sont déjà emparé. A titre d’exemple, Abra  (www.goabra.com ) s’appuie sur le bitcoin – blockchain « publique »- pour proposer des transfert de devises à coût réduit.

La blockchain s’intègre dans un contexte informatique

La blockchain n’est pas une application en soi, elle s’apparente plus à un middleware. Elle doit s’intégrer dans un environnement applicatif via des APIs et s’appuyer sur une infrastructure informatique éprouvée afin de garantir la performance et l’intégrité. Les entreprises, particulièrement les banques, ont déjà commencé à plancher sur le sujet mais les constructeurs et éditeurs de l’IT ne doivent pas être en reste. Le lancement du projet collaboratif open source Hyperledger par la fondation Linux en décembre en 2015 est d’ailleurs révélateur de l’intérêt porté par l’industrie à cette technologie. De nombreux secteurs d’activités sont représentés dans ce projet aux côtés d’un large panel de spécialistes de l’IT. On commence également à voir des services de blockchain dans le cloud pour en faciliter son utilisation. Les cas d’usage se précisent et l’adoption ne devrait pas tarder à s’accélérer. Autant de raisons de s’y préparer.

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Se préparer à l’adoption de la blockchain

La mise en œuvre et le déploiement de la technologie blockchain nécessite une réflexion à quatre niveaux.

  • L’adaptation de la réglementation
  • Le développement de la technologie blockchain à proprement parler
  • L’intégration avec les applications par l’intermédiaire d’APIs ou des services cloud
  • Le choix et le dimensionnement des infrastructures

Le groupe Dell Technologies est impliqué sur les trois derniers points à différents titres et en particulier :

  • VMware contribue au projet Hyperledger mentionné précédemment.
  • Pivotal travaille avec différents partenaires pour fournir une plateforme “blockchain”. Un article sur le blog Pivotal intitulé “Blockchain: Use Cases For Blockchain On Cloud Foundry » évoque le sujet avec plus de détails.
  • Dell EMC définit des architectures pour adresser les exigences d’un système distribué à valeur d’authentification. Les nœuds de validation de la blockchain nécessitent la réplication des données et un stockage rapide.

Fini le temps où l’on pouvait se limiter à son pré carré. L’univers numérique s’étend au rythme de nouvelles technologies qui capitalisent les unes sur les autres : Cloud, big data, intelligence artificielle, IoT, Blockchain…  Les objets connectés par exemple seront de plus en plus intelligents et capables d’effectuer des achats autonomes sur des places de marché.  Demain toutes ces transactions pourraient être stockées dans une blockchain. L’engouement pour la blockchain gagne de nombreux secteurs et métiers et les directions informatiques doivent se tenir prêtes à proposer et déployer les infrastructures en conséquence.

 

Pour aller plus loin dans cette réflexion sur les enjeux et usages de la blockchain, je vous conseille la lecture de :

  • Blockchain Revolution, Don Tapscott
  • La fin des banques, Philippe Herlin



Eric Chicha

Eric Chicha a rejoint EMC en 2013 pour prendre la responsabilité de l’organisation Global Services France (avant-vente, services et support), dans le droit fil des missions qu’il a accomplies tout au long de sa carrière chez différents constructeurs et éditeurs : direction de grands projets de refonte de systèmes d’information, direction et développement d’activité services et avant-ventes. Durant plus de trente ans, il a été témoin et acteur des grands changements que l’informatique a connus, avec pour seul moteur la contribution effective des Systèmes d’Informations aux affaires des entreprises.

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